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mardi 3 décembre 2013

La Pénalisation des Clients



J'ai réalisé cette note d'une traite cette nuit après des semaines de recherches. Excusez donc les dessins un peu pauvres, étant donné que la loi va être votée solennellement demain, j'étais un peu juste niveau délais.

Je ne voulais juste pas rester silencieux, personne ne parle du vrai problème sanitaire de cette loi et c'est quelque chose de grave : des vies sont en jeu.

SOURCES :

Si vous souhaitez approfondir votre lecture, voici le rapport de la HIV Law Commission (FR).
Le rapport d'UNAIDS (EN).
L'avis du CNS (FR).
La tribune de Médecins du Monde, d'Arcat, d'Act-up Paris, du Planning Familial et de Aides (citant d'ailleurs le bilan du Programme des Nations Unies pour le développement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'ONUSIDA et le Conseil National du Sida).
Le nouveau rapport mondial de l'UNDP contre la pénalisation des clients et leurs recommandations.
Analyse de la proposition de loi visant à pénaliser les clients (par le Syndicat du Travail Sexuel et diverses associations citées en début du document).

"Pourquoi nous voterons contre la proposition de pénalisation des clients" tribune d'élu-e-s de la majorité et de l'opposition (à ce propos, j'ai tenté de faire lire cette tribune à une députée PS pro-abolition, je n'ai eu droit en réponse qu'un : "c'est bien un truc de bobo, ça !").

Le manifeste du Syndicat du Travail Sexuel contre la pénalisation des clients (À LIRE ! Se trouvent à la fin les signatures des associations françaises et internationales opposées au texte de loi, dont celles citées dans ma note).

Voilà. Je ne sais pas quoi dire d'autre. Si ce n'est que ça me met hors de moi de voir des élu-e-s qui se sentaient "si proches" des minorités durant le débat Mariage pour Tous ignorer maintenant la parole des concerné-e-s et des associations.
Sick, sad world.


52 commentaires:

  1. Bonjour Silver, et merci pour cette note claire! J'avoue ne pas avoir saisi tout de suite pourquoi les associations de lutte contre le sida (et autres) étaient contre cette proposition de loi, qui de mon petit avis de personne pas du tout concernée, me semblait au contraire plutôt bien.
    Donc merci pour cet éclairage ! Et bravo pour votre blog en général que j'ai toujours plaisir à parcourir !

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    1. Ces décisions de l'ONUSIDA sont actuellement très discutées au sein même de cette branche de l'ONU et il est probable que l'ONUSIDA change prochainement ses recommandations.
      Car elles étaient basée sur les témoignages de l’organisation des travailleurs de sexe Rosea en Suède, Rosea qui voudrait abolir la pénalisation des clients ainsi que supprimer des lois sur le proxénétisme. 
      Or, une lecture rigoureuse des sources de ces divers documents montre qu’il n’existe à ce jour en Suède aucune étude systématique susceptible de justifier les propos de Rosea.
      http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20131128.OBS7529/prostitution-stockholm-la-ville-ou-le-client-est-invisible.html

      Mme Lise Tamm, procureure au Parquet international de Stockholm, devant la Commission spéciale prostitution, 5 novembre 2013:

      « En 1999, quand la loi est passée en Suède, on avait les mêmes arguments que vous avez maintenant (clandestinité, danger). Maintenant, on vit cette loi depuis pas mal d’années, on n’a absolument pas remarqué que les personnes prostituées sont plus en danger. Absolument PAS. Au contraire, elles sont plus aidées par les services sociaux, par la police. 
      C’est donc un mythe. Moi, je ne l'ai jamais vu [parmi tous les dossiers de proxénétisme...] et je suis sur le terrain." 
      http://rememberresistdonotcomply.wordpress.com/2013/11/20/une-procureure-de-stockholm-decrit-la-reussite-de-l-abolitionnisme-en-suede/

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    2. Actuellement les prostituées sont majoritairement victimes de la violence des clients et des proxénètes, mais ne portent jamais plainte (à cause du délit de racolage entre autre... )
      Au contraire, avec la nouvelle loi (décriminalisation totale des personnes prostituées et pénalisation de l'acheteur), ce seront elles qui auront la police pour elles, si le client se comporte mal ou ne veut pas mettre de préservatif :
      « Attention michet, si tu ne mets pas de préservatif, j'appelle la police, et C'EST TOI LE MICHET qui aura des problèmes pas moi ! ».

      « ce que je pressens fortement c’est que, sur le lieu de la passe et au moment de la transaction, l’existence même de cette loi pourrait équilibrer le rapport de force en faveur des putes. Au moindre dérapage, et pour peu que les représentants de la force publique soient dûment formés, les clients pourront être dénoncés, et je pense que rien qu’à cette idée ils se poseront un peu plus la question du respect de l’autre. »
      Artémise, ancienne prostituée

      « POUR QUE LES PROSTITUÉES PUISSENT EXERCER AVEC LE MOINS DE CONTRAINTES POSSIBLE, IL NE PARAIT PAS FORCÉMENT IDIOT QUE LE LÉGISLATEUR LEUR DONNE COMME ARME L’ÉPÉE DE DAMOCLÈS QUI SE TROUVERAIT AU-DESSUS DE LA TÊTE DE CHAQUE CLIENT : UNE LOI PÉNALISANT CES DERNIERS. Et à mon avis c’est surtout pour ça qu’on entend si fort les hommes s’indigner au sujet de cette fameuse loi. Plus que la crainte de ne plus pouvoir avoir accès à la prostitution, qui n’est de toute façon pas fondée* (et puis merde, ils étaient où quand elle est passée la loi sur le racolage ???) c’est la conscience plus ou moins aïgue que cela modifierait le rapport de force qui est majoritairement en leur faveur au sein des transactions prostitutionnelles."
      Artémise, ancienne prostituée
      https://spermufle.wordpress.com/2013/11/02/les-lois-qui-tuent/

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    3. Et bien moi, je ne comprends pas comment on peut lutter contre la transmission du VIH et refuser la pénalisation des clients prostitueurs. C’est pourtant bien eux qui refusent le préservatif, qui l’enlèvent vite fait, qui font de la surenchère pour obtenir un acte sans préservatif, et ils arrivent toujours à trouver une prostituée qui a un cruel besoin d’argent et qui acceptera. Ce sont eux qui contaminent les prostituées.

      Alors, oui, il y a différents visages de la prostitution, plus ou moins sordides, se passant plus ou moins dans le luxe, ça va de quelques passes par semaine à une tous les quarts d'heure.
      Mais ce qui ne change pas, c’est qu’il y a un homme (à 99 %) qui paie pour obtenir des actes sexuels d’une femme (ou d’un homme) qui n’a aucun désir de lui, et aucun plaisir avec lui (ou alors, une fois par hasard…), qui, de plus, pour la grande majorité des femmes dans la prostitution, sont forcées.

      Sauf à penser que c’est un droit de l’homme (masculin) d’avoir toujours des femmes et des hommes à disposition pour leurs envies sexuelles, on peut difficilement encourager ce modèle de société.

      L’abolitionnisme n’est pas la solution parfaite, c’est seulement la meilleure, parce que c’est la seule à travailler à l’égalité femmes-hommes, en posant comme préalable que les femmes ont le droit de ne pas devoir choisir entre la précarité financière ou la prostitution, que les femmes ont droit au plaisir et au désir, que les femmes ne sont pas, plus, au service des volontés des hommes.

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    4. "Maintenant, on vit cette loi depuis pas mal d’années, on n’a absolument pas remarqué que les personnes prostituées sont plus en danger. Absolument PAS. "

      La personne que tu cites est une procureure suédoise, sa position n’est autre que celle d'une blanche bourgeoise privilégiée bien au chaud dans son tribunal. Que peut-elle connaître de la situation des prostituées des rues suédoises ? Manifestement rien d’après ce que tu cites.

      Au Strass nous avons pu rencontrer une militante de rose alliance, une association composée uniquement de prostituées suédoises, leur combat aujourd’hui : l’abrogation la loi de pénalisation des clients. Cette femme nous expliquait les situations de détresses dans lesquelles vivent actuellement les femmes exerçant le travail du sexe en Suède, en particulier les femmes exerçant toujours dans la rue qui généralement cumulent les oppressions.
      Beaucoup de filles ont dû fuir le travail du sexe de rue (moins de clients, trop de violences), et en bar (car virées), pour se retrouver à devoir partir dans les pays voisins toutes les semaines, ou à s’embarquer dans des ferrys « boîte à baise » afin de se faire quand même un peu de thunes en continuant d’exercer le travail du sexe malgré le cadre législatif peu favorable. Ces alternatives les ont précarisé, elles les mettent au quotidien plus en danger, elles accroissent les violences à leur encontre, sans parler des contaminations, elles les ont aussi éloigné des structures de soin, des services sociaux, et des associations communautaires, voilà les résultats de cette loi désastreuse. Vous savez tout cela aussi bien que moi, mais continuer de faire l’apologie de cette loi, ce qui fait de vous des complices de violences et de contaminations à l’encontre des prostituées, tout cela pour nourrir un semblant de sentiment idéologique ; ou pour certain.e.s tout à fait conscient des enjeux, pour satisfaire vos perversions de clients misogynes et putophobes (n’est-ce-pas spermufle and co ?).

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    5. « Actuellement les prostituées sont majoritairement victimes de la violence des clients et des proxénètes, mais ne portent jamais plainte (à cause du délit de racolage entre autre... ) »

      Les violences rencontrées dans l’exercice du travail du sexe varient énormément selon les facteurs que sont :
      -le lieu d’exercice du travail du sexe
      -les oppressions et privilèges que porte (etque souvent cumule) la travailleuse ou le travailleur du sexe, concernant la race (sans-papier.e, étrangèr.e), le genre (femme, trans’), la sexualité, la classe, et d’autres données moins consultées comme l’appartenance aux normes de beautécratie, etc.

      Avec mon expérience de l’exercice du travail du sexe de rue, je dirais que les violences étaient très majoritairement du fait de la police, ainsi que du fait de notre exposition dans l’espace public entant qu’individus indésirables socialement.

      « Au contraire, avec la nouvelle loi (décriminalisation totale des personnes prostituées et pénalisation de l'acheteur), ce seront elles qui auront la police pour elles, si le client se comporte mal ou ne veut pas mettre de préservatif : »

      Non bouffon, la police n’est pas et ne sera jamais « avec nous », la police est un régulateur social, elle ne sera jamais avec tout ce que la société rejette et classe comme déviant/indésirable ; elle est parmi nos pires ennemis ; la police expulse, violente, viole, rackette, maquereaute, brime, insulte des prostitué.e.s tous les jours. Ce n’est pas demain la veille qu’elle viendra nous aider ou nous protéger.

      « C’est pourtant bien eux qui refusent le préservatif, qui l’enlèvent vite fait, qui font de la surenchère pour obtenir un acte sans préservatif, et ils arrivent toujours à trouver une prostituée qui a un cruel besoin d’argent et qui acceptera. Ce sont eux qui contaminent les prostituées »

      Personne n’a dit le contraire, seulement si tu prenais en compte les conditions matérielles des personnes qui exerce le travail du sexe comme le fait Silver, tu te rendrais compte que ce qui les amène à prendre plus de risques lors des passes, c’est la précarité, et que la loi de pénalisation des clients va précariser d’autant plus les prostituées ; d’ailleurs elle nous précarise déjà dans le sens ou sa médiatisation fait déjà fuir beaucoup de clients.

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    6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    7. "Maintenant, on vit cette loi depuis pas mal d’années, on n’a absolument pas remarqué que les personnes prostituées sont plus en danger. Absolument PAS. " 

      Citation de Mme Lise Tamm, procureure au Parquet international de Stockholm, dans l'interview devant la Commission spéciale prostitution, 5 novembre 2013. 

      Désolé mais je préfère écouter l'avis d'un procureur, personne assermentée, qui a eu des centaines de dossiers de proxénétisme entre les mains, que l'avis de quelques personnes de Rosea, qui sont à la fois juge et parti, et dont la logique est de défendre leur business.

      Karin Sidenvall, travailleuse sociale au Centre de prostitution de Stockholm (public et gratuit) estime qu'il n'y a eu AUCUNE détérioration des conditions des personnes prostituées à cause de la pénalisation des clients :
      « Les personnes qui viennent nous voir ne nous parlent pas de conditions détériorées. Et on ne m’a jamais parlé de clients plus violents depuis la pénalisation. Nous remarquons en revanche qu’elles sentent que la loi est un type de reconnaissance de leur souffrance. Pour elles, cette loi reconnaît que la prostitution est une violence qui leur est faite. ».

      Ainsi, l'association de personnes prostituées suédoise PRIS est pour la pénalisation des acheteurs et appelle les autres pays d'Europe à adopter la pénalisation des clients. (RUE89, 2013/07/25)

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    8. Et bien pour moi rien ne vaut une position située honnête (pas celles des innombrables fake des grandes associations abolitionnistes qui justifient ainsi leurs milions d'euros de subventions).

      "Désolé mais je préfère écouter l'avis d'un procureur, personne assermentée, qui a eu des centaines de dossiers de proxénétisme entre les mains, que l'avis de quelques personnes de Rosea, qui sont à la fois juge et parti, et dont la logique est de défendre leur business."

      Oui bah les flics ils ont eu des centaines voir des miliers de dossiers de viols, de meurtres, et d'agressions entre les mains mais ça ne semble pas les empêcher d'en commettre quotidiennement.

      Pour un.e prostitué.e de rue, prolétaire du sexe, défendre son buisness = défendre le peu de thune gagnée difficilement qui lui permettra de manger et de dormir décemment, donc je vois pas trop où est le problème ?

      Par contre tu ne sembles pas critiquer les abolitionnistes professionel.les (tu en fais peut-être partie ?) qui savent très bien défendre leur buisness avec leur lobbying putophobe, et leur projet de loi meurtier.

      Et au fait les juges c'est pas elle/eux qui nous collent des amendes de 3500 euros parce que l'on est assis la nuit en jupe dans un abribus, non ? Combien de passes pour payer tout ça ? Et à qui revient toute cette thune ? C'est drôle le proxénétisme quand il s'agit de l'état ça ne fonctionne jamais...

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  2. Lovelove mon Silver.
    Commentaire super constructif, mais je ne suis que trop d'accord avec tout ce que tu dis.

    Et c'est pour équilibrer face à la montagne de trolls qui arrivent au galop.

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  3. Je trouve ta note très juste...

    je vais la partager de ce pas..( ou clic ;-) )

    Je ne me suis pas plongé dans le débat à 100%, mais, j'en viens souvent à me demander, s'il ne faudrait pas de nouveau légaliser les maisons closes,(c'est encore un autre débat mais bon) ou il y aurait un suivi médicale obligatoire,une protection, et ainsi empêcher les réseau e que la prostitution ne soit plus considéré comme un délit, bref, un vrai cadre légal, qui protège vraiment les prostituées, ainsi, que la mise en place de moyen pour démanteler les réseaux..
    je sais c'est un brouillon tout ce que je dis..
    bref, bonne note.

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  4. C'est très très bien de faire des articles comme ça, car en fait plein de gens ont du mal à capter les mécanismes qui entrent en jeu, et les divers enjeux. Je m'en suis rendue compte dernièrement en publiant un article qui expliquait des problèmes que je pensais connus de tous, genre je pensais que je rabachais quoi, et en fait non.

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  5. Article très intéressant ! Enfin quelqu'un qui arrive à expliquer que la pénalisation du client va diminuer le nombre de clients, et mettre en danger les prostituées (que cela soit par une précarisation accrue de leur situation, une mise en danger sanitaire, ou une pression supplémentaire pour celles qui sont dans les réseaux : j'ai du mal a imaginer un mac dire à ses filles qu'il comprend qu'elles ne lui rapportent pas autant qu'avant, c'est la crise, que ca ira mieux demain.).

    D'autant plus que punir le client, c'est considérer qu'il "consomme" quelque chose d'illégal, c'est a dire, le corps d'un humain : ca rentre pleinement dans la logique de la femme-objet, vendu par un individu et acheté par un autre. Je suis pas sur que ca soit la meilleure façon de considérer une femme en situation très précaire... Ca marche pour la drogue, mais le gramme de shit ca le dérange pas.

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  6. Une notre très bien construite et qui souligne les véritables problèmes que je me suis empêchée de transmettre à droite à gauche !

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  8. Je suis très perplexe concernant cette loi. Très contre au départ, car favorable à la prostitution "choisie", j'ai appris par une emission sur Europe 1 que la légalisation toute simple que j'aurais souhaité au départ avait eu des conséquences assez catastrophiques en Allemagne. Entre autres :
    1)le traffic d'humains n'aurait été qu'amplifié, dans la mesure où le cadrage légal avait été élargi, c'est à dire les moyens d'actions policières avaient été réduits
    2) un nombre non négligeables de femmes en situation de précarité avaient été réduites à cette profession autrement que par choix
    3) nombre de ces femmes ne parvenaient plus à retrouver des rapports affectifs et sexuels épanouissants de nombreuses années après avoir fait ce métier.
    Du coup, je ne sais plus bien quoi penser. Le solution est peut etre du coté des USA où toute prostitution est interdite mais où les prostitué-e-s interpelé-e-s sont considérées comme victimes et condamnées à recevoir soins et aides pour sortir de cette situation. Libre ensuite aux forces de l'ordre de tolérer ou pas les personnes libres et indépendantes de travailler malgré l'interdiction.
    Au final cette loi ne me semble donc pas non plus convaincante. La fin ne justifie pas les moyens.

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  11. Réduire la question de la santé au seul problème des MST est dangereuse. C'est occulter complètement les violences, les viols, les agressions, les traumatismes que les personnes prostituées subissent quotidiennement et qui constituent des risques pour leur vie même.

    Selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé, la Santé est – un bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.

    La prévention des risques infectieux est importante mais ne peut pas être la réponse unique à un phénomène complexe, qui appelle une politique globale.

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  12. Bonjour,
    Pourquoi ne pas ré-ouvrir des maisons closes avec suivis sanitaires, maintien de l'ordre, fiches de salaire,déclarations de revenus. La prostitution, il y en a toujours eu, il y en aura toujours. Mais donner un statut social aux prostituées (ou és) serait une première dans notre pays. De plus, qui dit salaires dit déclaration de revenus. Je sais c'est un peu simpliste et utopiste mais pourquoi pas ?

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    1. Chère Anonyme, peut-être simpliste mais je trouve que ça tient plutôt la route comme raisonnement. Il me semble bien qu'en Belgique il y a des maisons closes, par contre, je ne suis pas certaine pour les fiches de salaire, ni la déclaration de revenus !
      Une chose m'interpelle, entre les "prélèvements" des souteneurs et les "prélèvements" de l'URSSAF, RSI et Trésor Public, je ne suis pas certaine qu'il resterait grand chose dans la case salaire en fin de mois...

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    2. Nan mais en France les prostituées se déclarent comme travailleurs indépendant et payent des impots. Enfin celles (et ceux) qui font ca par choix et qui ont un statut légal en France bien sur.

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    3. S'il y a bien une question qui fait la quasiment l'unanimité aussi bien chez les abolitionnistes que chez les personnes prostituées, c'est le « NON » aux maisons closes. Car ce sont des lieux de violences, d'insécurité et de trafics, avec encore moins de libertés et des conditions encore plus dure que la rue.

      Et là où il y a des bordels, la prostitution de rue explose et les lieux illégaux prolifèrent.
      En Espagne, l'ouverture des maisons closes s'est traduite par une explosion de la prostitution de rue pourtant illégale. « Elles sont sous la coupe de réseaux de proxénétismes puissants. Ces réseaux se disputent, parfois violemment, les meilleurs sites. Les ronds-points, où les voitures sont obligées de ralentir, sont les plus recherchés. Chaque rond-point 'appartient' à un réseau. » (L'indépendant, 2012/ 10/13).

      Et les lieux clandestins prolifèrent en toute illégalité ; A Gérone, on compte 60 établissements, parfois dans de simples appartements. Le triple à Barcelone. A la Jonquera, en décembre 2012 les différents entre réseaux mafieux s'est réglé à l’explosif sur un bordel. Puis le 23 décembre, cinq hommes cagoulés et armés ont déposé une voiture piégée devant l'établissement : Un kilo de TNT, deux bonbonnes de gaz y ont été retrouvés. Le maire voudrait fermer les bordels mais impossible car la prostitution est légale.(Le Parisien, 2013/01/06)

      « Pour les avoir testées, je peux vous dire que les maisons closes ne constituent pas une solution au problème du proxénétisme. J'ai travaillé en maison close au Luxembourg et à Stuttgart. Ce sont des endroits où les proxénètes sont à l'abri de toute possibilité de répression. Et les filles travaillent sans relâche de 8 heures du matin à 4 heures du matin tous les jours. Elles n'ont pas le droit de sortir ou seulement accompagnées du tenancier ou de la tenancière. ». (Ulla paroles de prostituées Brain, 2007/06/26)

      « J'ai été dans les bordels légaux et illégaux du Névada, j'ai vu ce qui s'y passait et j'ai perdu des femmes qui m’étaient proches. Légaliser la prostitution n’arrêteront pas la violence faite aux femmes dans l'industrie du sexe ». Chong Kim survivante

      « j'ai travaillée dans les bordels légaux à Edimbourg, il y avait du trafic d’héroïne en bas, le proprio était brutal, un démon, il insistait pour que l'on n'utilise pas de capotes pour certains de ses clients. Si tu ne le faisais pas tu étais virée. » Fiona Broadfoot survivante
      http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GsUo_RYR-nY

      En Allemagne, Hohmann, commissaire principal et directeur du service d’enquête sur la prostitution depuis 14 ans à Stuttgart : « 95 à 97% des personnes prostituées en Allemagne ont un proxénète. Les femmes sont victimes, mais ne témoignent pas. A chaque fois une femme sort en courant du placard avec un œil au beurre noir, elle vous explique : « Ce n’est pas un proxénète, c’est mon ami ! Je lui donne mon salaire avec plaisir ! » La loi sur la prostitution présente aussi une erreur de construction décisive ... C’est de la folie, une méconnaissance totale de la situation. nous avons ici à faire majoritairement à des femmes apeurées et sous la contrainte de proxénètes. »(caloupile, 2012/01 les proxenetes-sont-comme-coq-en pate)

      En Australie, « après la légalisation de la prostitution à Victoria, le nombre de bordels légaux a doublé, mais le nombre de bordels illégaux a triplé». Selon l’association Collectif de Prostituées de Victoria un des pires aspects de la prostitution en bordel était la violence des clients (1999).

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    4. La France vota la loi Marthe Richard pour la fermeture des maisons closes en 1946 car elles étaient le repère du crime organisé, des trafics en tous genres, qu'elles étaient des lieux de violence et d’insécurité et qu'elles favorisaient la traite en créant l'occasion. Dès les années 1920, Colmar, Strasbourg et Nancy avaient de leur propre initiative fermé leurs maisons closes pour ces raisons.
      C'est exactement ce que l'on constate actuellement aux Pays Bas : le rapport WODC (2011) admet que la traite s’exerce aussi dans le secteur légal, et que la moitié des demandes de permis ont un dirigeant voir plusieurs issus du milieu de la criminalité. AUJOURD'HUI, DE 50 À 90 % DES "TRAVAILLEUSES" actives derrière les vitrines ou dans les "salons de massage" sont sous la contrainte. « c’est de l’esclavage… du crime organisé » a même dit le maire d’Amsterdam en 2011.
      Amsterdam a récemment procédé, pour 15 millions d’euros, au rachat des vitrines des personnes prostituées dans le Red Light District, qu’elle considère aujourd’hui comme un lieu d’esclavage moderne et un repaire du crime organisé. Il faut rappeler que, déjà en août 2006, elle avait refusé le renouvellement des licences à 37 des plus gros propriétaires de ces maisons closes, sur un total de 169. (Le monde, Les Néerlandais commencent à regretter la légalisation de la prostitution, 2011/12/23)

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    5. Témoignages de personnes prostituées sur les bordels:

      ” j'ai vécue [les maisons closes], c'est chose affreux, affreuse, c'est une prison, on vous demande de vous allonger et puis c'est tout” Marianne, 1990/06/17 journal TV, min2'18

      Bordels légaux de Belgique : "Ce bar là emploie des sans papiers, dans celui-là, il y a de l’héroïne. () il faut ne rien voir, ne rien entendre, ne jamais ouvrir la bouche. Si vous voyez le patron donner de la cocaïne aux filles pour tenir, vous faites comme si vous n’aviez rien vu. Une fille comateuse, ou droguée, ou qui ne se réveille pas, il vaut mieux vous sauver plutôt que rester à côté d’elle. Une fois, j’en ai vu une en coma éthylique. Personne n’a voulu appeler l’ambulance. () Les établissements ne viendront jamais en aide aux filles. " Fiona

      « Quand j'ai refusée [les demandes des clients] j'ai été violée et battue () Beaucoup de gens et d'organisations veulent vous faire croire que la légalisation de la prostitution, va améliorer la situation des femmes dans le commerce du sexe. J'ai été dans les bordels légaux et illégaux du Névada, j'ai vu ce qui s'y passait et j'ai perdu des femmes qui m’étaient proches. Légaliser la prostitution n’arrêteront pas la violence faite aux femmes dans l'industrie du sexe ». Chong Kim survivante

      « j'ai travaillée dans les bordels légaux à Edimbourg, il y avait du trafic d’héroïne en bas, le proprio était brutal, un démon, il insistait pour que l'on n'utilise pas de capotes pour certains de ses clients. Si tu ne le faisais pas tu étais virée. » Fiona Broadfoot survivante
      http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GsUo_RYR-nY

      « Ce serait laisser la porte ouvert à toutes les saloperies et les trafics. On laisse les filles enfermées physiquement et psychologiquement : elles ont encore moins de contact avec le monde extérieur, les associations », assure l’ancienne professionnelle. « Sur le trottoir, c’est toi qui choisis tes clients. Pas dans les bordels. Dans le bar où j’ai travaillé en BELGIQUE, j’ai vu DES COPINES MASSACRÉES alors que le client était sorti depuis longtemps », explique Roselyne
      http://www.prostitutionetsociete.fr/temoignages/roselyne-dix-ans-de-trottoir

      « les maisons closes ? C’est le pire : de l’abattage en milieu fermé. Et ça entretient le proxénétisme. » dit Ulla. la pasionaria de la révolte de Lyon de 1975.
      http://8mars.info/ulla

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  13. Hugo : Eh bien on t'a raconté n'importe quoi (pour ne pas dire menti) sur l'Allemagne. Lis p.ex. www.sexworker.at

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  14. Pas si simple. Il n'y a pas les gentils légalistes d'un côté et les méchants abolos pro-sida de l'autre. Aucun des deux camps ne peux souhaiter plus de contamination.

    Avec l'argument du "il faut plus de clients pour qu'il y ait plus de choix pour pouvoir refuser", j'ai l'impression qu'on va prendre les clients pour de gentils sauveurs des prostituées qui vont leur permettre de vivre mieux. Désolé mais il n'y a aucun de ces clients que j'ai envie de défendre. S'il y a plus de clients, il y aura surtout un plus gros marché pour la prostitution, donc plus de personnes qui vont se lancer dedans, prostituées comme proxénètes. Pour ce qui est de pouvoir choisir les clients et imposer la capote, c'est le cas de combien de prostituées actuellement ? (c'est une vraie question)

    Faut pas oublier que la situation actuelle est juste la pire possible avec un délit de racolage qui sera, fort heureusement, aboli. Où on condamne les victimes. Comme dit plus haut, déplacer la condamnation sur le client offrira au moins un moyen de pression en faveur des prostituées. Maintenant, légaliser pour mieux contrôler au risque que la prostitution devienne quelque chose de totalement banalisé avec des femmes à disposition des hommes, ou abolition qui la réduira mais n'arrivera jamais à supprimer ce qu'on trouve de pire, je suis pas sûr qu'il y ait une solution idéale, raison pour laquelle je n'arrive pas à savoir si la loi est bien ou pas. Chaque camp a ses arguments, témoignages et chiffres, bons comme mauvais.

    Il faudrait à la fois lutter globalement contre la précarité et faire évoluer les mentalités, pour qu'on arrête de croire et de faire croire aux hommes qu'ils auraient des "besoins" à satisfaire et que les femmes devraient être là pour ça, mais forcément, ça ne va pas se régler en une loi.

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  15. Je pense qu'il y a un problème dans ce raisonnement et ce n'est pas parce qu'il est soutenu par plein d'asso qu'il est correct.
    Le problème se situe à la base. Est-ce que actuellement les prostituées peuvent déjà se permettre de refuser des rapports non protégés si le client en fait la demande. J'imagine que la concurrence doit être assez forte et qu'il n'est pas toujours évident de refuser un client.
    Du coup je ne suis pas sur que la diminution du nombre de client augmente beaucoup le risque de transmission du VIH car il doit déjà être très élevé.

    Après, je pense que s'attaquer aux clients sans s'attaquer au réseaux de prostitution est forcement une mauvaise idée, inefficace sauf peut-être sur des clients occasionnels. Et donc bien sur cette loi ne servira à rien ou presque.

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  16. Pourtant dans les pays où la prostitution est légale ou réglementée, où en théorie la prostituée a "le choix", les pratiques sexuelles sans capote sont courantes en particulier la fellation "nature", l'éjaculation dans la bouche...(http://worldprostitution.com/articles/test-et-recits/une-journee-a-aachen/ ).

    Franchement qu'il y ait moins de mecs disposés à payer pour du sexe j'ai du mal à trouver ça négatif. S'il y en avait plus pour toi la situation des prostituées serait meilleure? Tu serais prêt à faire un même billet pour encourager tes lecteurs à aller aux putes ? La pénalisation des clients n'est surement pas la bonne solution, mais si l'objectif est de sensibiliser les hommes (puisqu'on peut dire qu'ils représentent la grande majorité des clients) a ne plus acheter de sexe l'effet serait le même...
    M

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    1. Qu'il y est moins de personnes disposées à payer pour du sexe n'est pas quelque chose de négatif. Le soucis c'est que si on regarde de plus près, ceux qui vont arrêter sont en réalité des clients occasionnels.

      La clientèle, au même titre que la prostitution, ne va pas disparaitre, elle sera plus discrète, voire invisible. Mais elle sera là et bien plus précaire pour les prostitué-e-s.

      La sensibilisation par la pénalisation n'est, à mon sens, pas une solution efficace. "Rien n'ai plus séduisant que l'interdit". Dans mon entourage j'ai un très bon exemple avec un autre sujet: le tabac. Les parents de mon amie M ne lui ont jamais interdit de fumer, elle n'a jamais touché à une cigarette de sa vie. A l'inverse, les parents de mon amie A lui l'ont toujours formellement interdit, elle est presque à deux paquets par jour. Donc non, comme moyen de sensibilisation on peut repasser.

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    2. Tes 2 premiers paragraphes ne sont pas très clairs : la clientèle diminuerait ("ceux qui vont arrêter sont en réalité des clients occasionnels") ou pas ("La clientèle, au même titre que la prostitution, ne va pas disparaitre, elle sera plus discrète, voire invisible.") d'après toi? Est ce que tu as des sources sur ce que tu affirmes?

      Je suis comme toi sceptique sur la pénalisation mais je ne suis pas du tout d'accord pour comparer la prostitution à la drogue et je m'étonne que tu le fasses car je vois que plus bas tu écris "qu'on arrête de croire et de faire croire à tout le monde (certaines femmes le pensent aussi) que les hommes qu'ils auraient des "besoins" à satisfaire ".

      M

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    3. Pour les sources je n'ai rien de spécifiquement écrit. Ce sont des discussions que j'ai eu avec des connaissances qui sont policiers ou gendarmes et qui côtoient plus le milieu de la prostitution que moi. Selon eux la clientèle va diminuer oui mais de façon négligeable, à savoir que seul les clients occasionnels qui sont, selon mes "sources" les clients les moins "à risque" (terme à prendre avec des pincettes). Donc oui, elle va diminuer mais pas dans le bon sens car ceux qui vont continuer sont ceux qui ont déjà des comportement à risque. Après chacun vie et voit les choses de manière différente, d'autres personnes de la même profession verraient peut-être les choses différemment. Mais je trouve ces avis de professionnels plus parlant que des études anonymes.

      Ce que je veux dire par là c'est que ce qu'il faut changer ce sont les mentalités et ça va bien au-delà de la question de la prostitution, il suffit de voir comment sont traités les victimes de viol dans beaucoup de cas. Je n'ai pas les chiffres pour la France, j'ai ceux pour le Royaume-Unis (qui sont globalement plus en avance que nous sur le sujet, pour les chiffres exact: http://www.thisisnotaninvitationtorapeme.co.uk/, c'est le quizz de la rubrique "Do you know?"), dans 30% des cas environs l'opinion public pense que la femme est en partie responsable que ce soit à cause de son comportement (flirt préalable, alcool), de sa tenue... 30% c'est énorme! Presque un tiers de la population! Je digresse mais c'est pour montrer que selon moi un des problèmes de la prostitution se situe très en amont de celle-ci, sur la façon dont la femme est perçue dans notre société (même si on a quand même bien avancé depuis le 19e).

      Je suis désolée mais je vais rester avec mon exemple de la drogue. Là encore je n'ai pas de source écrite mais orale, de professionnels de la santé selon qui on obtient de meilleurs résultat en aidant les gens, en les sensibilisant et en leur permettant de soigner leur addiction. Ceux qui doivent être pénalisés ne sont pas les consommateurs mais les dealers (ou plus exactement les réseaux, les dealers pouvant être en réalité des consommateurs qui ne sont que des petits maillons d'une vaste chaîne). Dans le cas de la prostitution c'est pareil: ceux qu'ils faut punir ce sont les proxénètes, pas les clients ni les prostitué-e-s.

      Que l'on soit bien clair. Je ne suis pas vraiment favorable à la prostitution. Les femmes qui le font par choix sont extrêmement rares. Beaucoup le font par dépit, besoin d'argent... Pour la remise en place des maisons closes je suis de l'avis de lebienpensant on "risque que la prostitution devienne quelque chose de totalement banalisé avec des femmes à disposition des hommes". Je ne pense pas que l'on puisse faire disparaitre "le plus vieux métier du monde" sans s'attaquer aux réseaux. Avant de penser à pénaliser le client, c'est vraiment là qu'il faut marteler. Je ne pense pas qu'il y ai de solution miracle, mais je pense que l'on peut trouver mieux que celle qu'on nous propose aujourd'hui.

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  17. maintenant moi qui me suis prostituée de l'âge de 20 ans à 25 (parce que financièrement j'étais obligée aprés ma transition et c'est débile de confondre ça avec avoir un revolbver sur la tempe) je ne comprends pas comment les catholiques intégristes du nid ont pu infiltrer à se point les féministes. Des gens qui touchaient de lourdes subventions et refusaient de distribuer des capotes, des gens qui obligeaient les femmes trans à se remettre en homme qui elles voulaient être aidées, des gens qui ont eu à leur tête un diacre, des gens qui tiennent leur permanences dans des églises et des salles diocésaines, dans les mêmes lieux d'où sont parti la manif pour tous et les manifestations contre l'avortement. Comment les catholiques peuvent ils légiférer sur les putes, leurs ennemies de toujours. La deuxiéme chose c'est l'usage de la police. Moi ce dont je me souviens ce sont les violences policiéres, leurs insultes les flics qui venaient se faire sucer, ceux qui maquaient les filles. Ceux qui protégeaient les macs, leurs meilleurs indicateurs. Ils auront encore plus de pouvoir sur les filles et feront chanter les clients. Sincérement je ne vois pas comment on peut abolir le salariat sexuel sans abolir le salariat tout court. Ce que je vois ici c'est comme en suéde une campagne pour assainir les villes et les rendre plus ''bourgeoise" comme ça été fait à New-york (ou Giuliani a eu la décence de ne pas dire que c'était "pour le bien des filles"). Je m'interroge sur ce féminisme qui consiste à dire "taisez vous" aux premières conscernées. Helene trans ex pute

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  18. Sujet hautement complexe qui déchaîne les passions...

    Personnellement je ne suis pas du tout favorable à cette loi, et ce depuis le début. Je suis une femme et comme le dit si justement lebienpensant je pense en effet qu'il est temps « qu'on arrête de croire et de faire croire à tout le monde (certaines femmes le pensent aussi) que les hommes qu'ils auraient des "besoins" à satisfaire et que les femmes devraient être là pour ça ». Seulement voilà, ce problème est bien plus ancré qu'on ne le pense, il dépasse le cadre de la prostitution, un bon exemple est, je pense, le viol conjugal (pour ce qui ne seraient pas encore au courant, le viol conjugal est reconnu en France depuis 1992 et constitue une circonstance aggravante, le devoir conjugal n'existe plus!). À mon sens c'est une bonne partie du système d'éducation qu'il faut revoir...

    « Attention michet, si tu ne mets pas de préservatif, j'appelle la police, et C'EST TOI LE MICHET qui aura des problèmes pas moi ! »... Dois-je vraiment commenter ce commentaire ? Comme cela a été dit et redit, la pénalisation du client va rendre la prostitution moins « visible », les clients ne vont certainement pas vouloir s'exposer aux yeux de tous. Cela va entraîner encore plus de précarité pour les prostitué-e-s qui seront obligé-e-s d'exercer leurs activités loin de tout (ville, centre médicaux, polices...), dans un espace où le client sera en position de force. Vous pensez sincèrement que le client en à quelque chose à faire qu'il/elle appelle la police perdu au fond des bois ? Alors oui, certe, « déplacer la condamnation sur le client offrira au moins un moyen de pression en faveur des prostituées » sauf que seul-e, dans un endroit isolé, sans possibilité de fuite ou d'aide immédiate ne venez pas me dire que les prostitué-e-s ne risquent rien. Ils/Elles pourront effectivement porter plainte... après s'être fait-e-s casser la gueule, violé-e-s et accessoirement contaminé-e-s. Je pense qu'à ce stade ça leur fait une belle jambe de pouvoir porter plainte.

    « Pour peu que les représentants de la force publique soient dûment formés ». Là je ne rêve plus, je cauchemarde... Je digresse encore vers la notion de viol et vous conseille au passage le tumblr http://jeconnaisunvioleur.tumblr.com/ pour ceux qui ne le connaîtraient pas. Je m'éloigne du sujet initial qui est le risque de contamination accru des MST afin de répondre à ceux qui parle de toute les violences faites aux prostitué-e-s. Sur le site que je viens de citer il y a donc un grand nombre d'histoire de femmes et d'hommes ayant été violés. Certains n'ont jamais porté plainte, d'autres l'ont fait. Parmi ceux-là certain ont été écouté, d'autre... « Mais voyons mademoiselle, avec une tenue comme la votre, il ne faut pas s'étonné ! », « ça vous apprendra à boire plus que de raison », « vous l'avez séduit, maintenant faut assumer »... j'en passe et des meilleurs. Alors la formation des représentants de la force publique... « Mais voyons madame, vous êtes un-e prostitué-e, ce sont les risques du métier, il faut assumer ! ».

    Comme je l'ai dis au début, je pense que c'est tout un pan du système d'éducation qu'il faut revoir. À mon sens le problème de la prostitution ne pourra être régler qu'en changeant les mentalités et une loi de pénalisation telle que celle prévue ne me semble pas très pédagogique. Il faut aider les prostitué-e-s (ça me paraît évident) mais également les clients (je pense sincèrement que certains clients ont aussi besoin d'aide) et ce sont les réseaux qu'il faut pénalisé.

    Un peu long comme réponse et beaucoup de digression, désolée...

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  19. je rejoins Silver à 100%!

    Je rajouterai même pour ceux qui pensent que cette condamnation des clients sera efficace est que même les policiers disent que ce sera très peu applicable et que les condamnations seront rarissimes voire inexistantes.
    En effet, a moins d'une policière déguisé en prostitué trouve des clients, quelle preuve aura la police que le, la client(e) ne discutait pas juste avec la prostitué? Ce sera parole contre parole avec la prostitué si elle choisit de dénoncer son client, ce qui lui ferait courir le risque d'en perdre d'autres et donc d'être encore plus en précarité et donc d'accepter encore plus de clients à risque.
    De plus, quand j'en entend parler de dénoncer les clients, sa me fait doucement rire, vous croyez sincèrement que les prostituées des réseaux connaissent le nom et le prénom de leur client? Qu'ils leurs montrent leur carte d'identité? La seule chose que pourront faire les prostitué(e)s en cas d'agression est d'aller porter plainte contre X (si elles/ils le fonts, cas trop peu rare).

    Nous voulons tous le bien de ces travailleurs, cependant ce n'est pas en les envoyant plus loin dans les bois ou se cacher derrière un écran qu'on sera plus apte à leur offrir notre aide en cas de problème. Lorsque qu'une prostituée se fait agresser sur le bord de la route, ses collègues peuvent voir l'agresseur, sa voiture,... si sa se passe loin de tout regard, cette possibilité n'existera même pas. Or c'est ce que cette loi risque d’entraîner. je suis donc contre.

    Je pense qu'une augmentation des effectifs et des moyens de la police anti-réseau aurait été largement plus utile puisque permet de lutter contre les réseaux et met fin à la stigmatisation des prostituées qui font cela par choix (certes une minorité) tout en permettant aux associations d'aide en tout genre d'aller plus facilement à leur rencontre.

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  20. Et vous pensez quoi de ça ?

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/12/ce-sont-les-acheteurs-de-sexe-qu-il-faut-penalise_3512622_3232.html

    Je cite l'article : "En revanche, la pénalisation des clients n'est pas reconnue comme un facteur de risque d'infection VIH : aucune étude épidémiologique ne montre qu'interdire l'achat d'acte sexuel comporte des risques sanitaires."
    En effet, s'il y avait vraiment plus de risques sanitaires dus à la pénalisation, vu que c'est appliqué depuis 10 ans en Suède on le saurait non ? Bref, les raisonnements projectifs c'est intéressant, mais je pense qu'il vaut mieux se fier aux faits.

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    1. Je réagirais sur deux points à votre article

      Tout d'abord, il avance l'idée qu'il faut que les associations puisse accompagner les prostituées et puisse aller à leur rencontre.
      Cependant, si les prostituées, pour trouver des clients et donc exercer leur activité doivent se cacher, car les clients ne veulent pas payer une amende, comment les associations arriveront-elles à les trouver?

      Deuxièmement, il explique que ce n'est pas la pénalisation du client qui entraîne l'augmentation des infections aux VIH mais les rapports non protégés tout en citant une étude. L'étude liste les principaux moyens d'infection. Et j'ai envie de dire qu'en effet pénaliser les clients ne donne pas directement le VIH aux prostituées, cependant il s'agit d'une cause de prise de risque qui elle peut entraîner une MST/IST
      Explication : pourquoi les prostituées ont-elles des rapports non protégés? C'est qu'elles n'ont pas le choix. Pourquoi n'ont-elles pas le choix? Parce qu'elles ont besoin d'argent et que sa rapporte plus surtout si on a peu de clients. On en revient donc au risque que les clients ne viennent plus et que les prostituées pour ne pas perdre un rare client accepte un rapport non protégé surtout si elles n'ont plus le temps de négocier avec le client de peur (du client) qu'il se fasse arreter.

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    2. Ce n'est pas "mon" article, je suis pas médecin... Ce que je disais juste, c'est que c'est bien beau de faire des raisonnements du type :
      "pourquoi les prostituées ont-elles des rapports non protégés? C'est qu'elles n'ont pas le choix. Pourquoi n'ont-elles pas le choix? Parce qu'elles ont besoin d'argent et que sa rapporte plus surtout si on a peu de clients. On en revient donc au risque que les clients ne viennent plus et que les prostituées pour ne pas perdre un rare client accepte un rapport non protégé surtout si elles n'ont plus le temps de négocier avec le client de peur (du client) qu'il se fasse arreter."
      Mais bon ça reste du raisonnement projectif, en vrai vous n'en savez rien, peut-être que ça peut se passer autrement, vous ne pouvez pas raisonnablement prétendre que vous avez éliminé rationnellement toutes les autres hypothèses. Donc l'idée c'est de se baser sur des faits ! Or, on a de la chance, la pénalisation du client est appliquée dans plusieurs pays depuis un certain déjà, on peut donc disposer d'études statistiques qui commencent à devenir fiables. Et justement, on n'observe pas de hausse des contaminations dues au VIH dans la population de prostituées dans ces pays.
      Donc le blabla c'est bien gentil, mais ça ne résiste pas à l'épreuve des faits...

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  21. « Mais ce qui ne change pas, c’est qu’il y a un homme (à 99 %) qui paie pour obtenir des actes sexuels d’une femme (ou d’un homme) qui n’a aucun désir de lui, et aucun plaisir avec lui (ou alors, une fois par hasard…), qui, de plus, pour la grande majorité des femmes dans la prostitution, sont forcées. »

    Euh stop la branlette intellectuelle et idéologique, on parle de travail, peut-être que toi tu n’as jamais -comme beaucoup d’abolitionnistes- eu à te poser la question de devoir travailler sans forcément y prendre ton pied, mais les prostitué.e.s ne se posent pas ces questions.
    Ah et puis bravo, tu découvres le sexisme, et les injonctions faites aux femmes à avoir des échanges économico-sexuels dans des cadres institutionnalisés (couple, mariage), félicitation.

    « en posant comme préalable que les femmes ont le droit de ne pas devoir choisir entre la précarité financière ou la prostitution, que les femmes ont droit au plaisir et au désir, que les femmes ne sont pas, plus, au service des volontés des hommes. »

    Ah oui ? et pour ça tu leurs propose quoi à ces femmes bouffon bis ? Qu’est-ce-que tu proposes à des femmes sans papières (oups pardon 300 euros par mois), usagères de drogue, mères célibataires, malades, SDF, et bah rien du tout ! Ah non pardon, tu leurs proposes une loi qui va les mettre encore plus dans la merde, tu leurs proposes de crever de faim et de froid dans la rue car des abolitionnistes bourgeois.e.s blanc.he.s trouvent que c’est trop inadmissible qu’elles existent, pensent que la police va les aider (LOL), et qu’elles baisent sans désir, au moins CREVER elles le feront peut-être avec désir dis-moi ?
    Parce que croit moi quand tu dors dehors, qu’il fait froid, que t’as faim, et que tu as la peur au ventre que les flics te choppent t’expulsent et prennes tout ce que tu as, et qu’en plus tu entends dire qu’une nouvelle loi va venir renforcer ta précarité, parfois, bah oui t’as envie de crever.


    Je termine ici en remerciant Silver pour sa BD très agréable à lire, concise et claire  bravo !

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  22. J'ai du mal à me positionner vis à vis de la prostitution, pourtant j'ai mené une recherche sur l'exploitation sexuelle, je souhaite travailler dans des associations de soutien aux prostituées... Toutefois, je suis 100% d'accord avec ta note. J'ai beaucoup réfléchi à la question de la pénalisation du client, je pense que c'est une bonne idée en théorie, mais d'un point de vue pratique, c'est une catastrophe.

    Bref on a pas encore trouvé la solution idéale, mais j'aime bien ta phrase qui dit qu'il faudrait une loi qui permettrait un réel échange entre le gouvernement, les associations et les personnes prostituées (c'est d'ailleurs un des points que j'ai pu soulever dans mon mémoire : il y a un GROS soucis de communication entre ces trois acteurs du système prostitutionnel...).

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  23. Bossant dans le milieu de la nuit, je trouve cette loi totalement inutile, dangereuse et surtout particulièrement à côté de la plaque.
    arrêtons de jouer aux hypocrites: y a de la prostitution parce qu'il y a de la demande. y a des prostituées (et aussi prostitués hommes d'ailleurs) parce que la quasi totalité sont exploités par des réseaux mafieux (loin d'être tendre avec leur "matière première") ou exerçant ce "travail" par manque cruel d'argent du à une situation le plus souvent désespéré.
    la prostitution est un monde violent socialement, psychologiquement et sexuellement.
    très peu font ce métier par choix (et encore lorsque l'on discute avec ces personnes, faut entendre leur choix, souvent un paravent pour masquer de véritables raisons pas reluisantes). donc arrêtons de grâce de porter en avant les sois disantes personnes épanouis et qui font par choix ce métier, c'est une infime majorité de la masse des prostitués.
    on se prostitue parce que l'on a faim et que l'on a pas de boulot, on se prostitue pour faire vivre sa famille, on se prostitue pour ne pas se retrouver à la rue (ou pour en sortir), on se prostitue parce que l'on est drogué et que l'on a besoin de sa dose, on se prostitue parce que l'on est sans papier et que l'on vient d'un pays pourris et que rien n'est offert pour permettre de vivre dignement, on se prostitue parce que des salauds font pression sur la familles aux pays...
    c’est ça la réalité de la prostitution. elles sont la les victimes.
    ont veut arrêter la prostitution: aidons déjà les prostitués à sortir des ces situations.
    écoutons aussi les clients pour savoir pourquoi ils fréquentent les prostitués et comment ils pourraient l'éviter de le faire.
    la punition ne règle en rien le pb, ce n'est qu'un petit cache misère pour soulager notre conscience de personnes civilisés emprunt d'un faux humanisme ou le féminisme ambiant et qui n’appartiens pas à ce milieu.
    combattre la prostitution par ce moyen, c’est ne pas vouloir répondre à des questions dérangeante qui concerne la psyché du consommateur et surtout ne pas combattre la misère qui pousse des gens à se prostituer.
    cette loi va surtout cacher encore plus le nb de pauvre gens qui se prostituent et raffermir la main mise des réseaux sans pour éteindre la demande (à cette question, il faudrait déjà pourvoir répondre au fait: pourquoi les gens vont voir des prostitués?) avec tout le corolaire de la violence, de l'argent sale et de l'exploitation qui va avec (et de la drogue pour tenir le coup)
    c’est très con, mais lorsque des nanas font le pied de grue dans une zone dans l'attente des clients, les associations et les flics peuvent passer plus facilement et éviter certains drames et tempérer bcp de fou furieux.
    pour contrôler, il faut pouvoir voir visiter et non laisser les choses cachées.
    enfin, pour ce qui est des promesses d'accompagnement pour celles qui décrocheraient, on se fout du monde: 336 €, c'est une misère complète, personne ne peut vivre avec ça et puis surtout lorsque l'on vit dans ce milieu, coupé de la réalité sociale et des habitudes de vie habituelles, il est particulièrement dur de se retrouver et se reconstruire, certaines ont besoin de plusieurs années, alors 6 mois avec un bout de papier temporaire... pffff... les autorités peuvent tjrs rêver, personnes ne se pressera pour y avoir le droit.
    enfin, bcp de personnes qui se prostituent sont d'origines étrangères avec pour la plupart des pressions dans leurs pays originels qui les obligent à rester dans ce milieu.
    bref, la prostitution c’est pas simple, loin de la et cette loi est une fumisterie complète.

    ps: la loi suédoise sur la prostitution est un échec complet, actuellement ils débattent pour la supprimer

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  24. Il y a une offre et il y a une demande.
    A peu près tout le monde voudrait agir sur la demande. Que les hommes ne se croient pas en "besoin" irrépressible, qu'ils soient plus corrects sans demander un surcroît de service, etc. On a donc imaginé la répression. Là-dessus, on dit que cela ne marchera pas, que les plus salauds resteront en demande et se débrouilleront, etc. Bref qu'on on va décourager une proportion de clients 'occasionnels' et pas une autre de clients 'endurcis' ou 'accros'.
    Sur l'offre (les prostitué/es), je ne comprends pas. Ce serait 'pas touche' à l'offre ? à cause de la misère des prostitués, la drogue, la violence ? Je n'ai entendu aucun argument qui tienne, qui justifie cette offre-là.
    En fait, on veut préserver le client occasionnel, pas trop exigeant, acceptant la capote, pour que l'offre reçoive cet argent et puisse refuser le client plus dur ?
    Les hommes viennent pour la plupart de trouver légitime d'arrêter de fumer. Les autres sont dénigrés, doivent fumer à la porte, etc., et sont forcés de s'y plier. Trois conditions pour y arriver : des lois (protection des espaces, affichage sur les paquets, etc.), une délégitimation (affichage, procès des victimes contre les firmes, info santé, etc.) et le prix en hausse. L'offre de tabac s'écroule, se cache (machines loin des caisses) et cherche d'autres marchés au tiers-monde.
    Homme, je ne veux pas que la prostitution, avec sa tricherie et sa violence, continue ainsi, pas en mon nom. Je résiste d'y aller, et je ne vois pas pourquoi l'offre est libre, pourquoi je suis attendu en permanence. La prostitution n'a pas d'autre justification qu'un trafic (travail au noir) fondé sur la demande... qu'on trouve illégitime. Je suis abolitionniste, et je veux bien une meilleure loi. Pas une absence de loi.

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  25. Tout à fait d'accord avec Hugo Vannier et le post ci-dessus, c'est hypocrite de refuser de pénaliser le client au nom de la santé des personnes prostituées. Ce sont eux qui leur font courir le plus de risques, non seulement en refusant les préservatifs mais aussi parce qu'une pénétration non désirée est en soi un acte destructeur, le pseudo-consentement n'y change pas grand chose. Ci-dessous le texte d'une psychiatre dont je vous conseille vivement le blog !
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2012/09/article-de-muriel-salmona-en-reponse.html

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  26. Sylvain
    Si c'est le client qui fait la prostituée... alors c'est le riche qui fait le voleur...
    c'est les films pornos et les jolies filles qui font les violeurs... c'est la femme adultère
    qui fait le mari violent...etc...
    Donc... prenons l'argent des riches... interdisons les "pornos"... forçons les jolies filles à
    s'enlaidir, comme dans les pays Musulmans... pénalisons l'adultère... pénalisons les clients des prostituées...et ainsi le monde sera parfaitement propre et sûr !...
    Il y a plein de maris cocus qui ne frappent pas leur femmes... il y a plein de pauvres qui admirent les riches... Il y a plein d'hommes normaux qui regardent des "pornos" et qui admirent les jolies filles sans pour autant les agresser... et il y a plein de prostituées consentantes conscientes intelligentes et autonomes qui font tout simplement de leur activité un "business", comme un ouvrier donne sa force de travail à son patron !...
    La beauté, la mode, le porno, sont des "marchandisations du corps"... Faut-il aussi les pénaliser,
    ou les interdire ?
    Il ne faut pas confondre prostitution et proxénétisme !.. c'est le proxénétisme qu'il faut punir...
    pas la prostitution...
    C'est les maris qui frappent leurs femmes qu'il faut punir...pas les femmes adultères...
    C'est les voleurs qu'il faut punir... pas les riches...
    C'est les violeurs qu'il faut punir... pas les amateurs de jolies filles ou de films pornos...
    Ce qui fait un homme, ce sont ses actes... ce qu'il fait réellement... pas ce qu'il pourrait faire!...
    Les " abolitionnistes " font comme s'il n'y avait QUE la " demande " et que " l'offre "
    n'existait pas !..
    Ce refus de prendre en compte " l'offre ", cet aveuglement est tel que la loi dépénalise maintenant
    le "racolage" comme s'il n’existait pas...comme si l'offre n'existait pas !...
    De plus, les "abolitionnistes" refusent obstinément de prendre en compte la parole des prostituées qui s'opposent à cette loi, en considérant cette parole comme une parole issue de personnes irresponsables, sous influence, sous domination, incapables de comprendre leur propre soumission, leur propre asservissement leur propre dépendance !...
    Les "abolitionnistes" sont des militants... des intégristes... et comme tous les militants ils déforment la réalité pour la faire entrer de force dans leur idéologie...
    Ils sont eux sous l'influence de leur propre idéologie !...
    Cette idéologie sous-jacente c'est tout simplement la "sacralisation de la sexualité".
    On ne sacralise pas la faim, la soif, la fatigue, le sommeil, la douleur... et pourtant ce sont elles aussi des fonctions de base du fonctionnement de l'homme.
    La seule chose à sacraliser serait éventuellement la reproduction qui est effectivement indispensable à la survie de l'humanité... mais il ne faut pas confondre sexualité et reproduction...
    La sexualité c'est la "salle de jeux"... La reproduction c'est la "pouponnière" !...
    Il n'y a aucune raison de vénérer ce qui n'est qu'un jeu... un amusement... un moyen d'adoucir l'existence.
    La seule chose à sacraliser, c'est la vie !...
    Bref ... Les "dames patronnesses" sont de retour n!...

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    1. Tiens l'accusation de puritanisme, ça faisait longtemps, les abolitionnistes sont pour la liberté sexuelle vous savez, ils posent justement comme principe que pour rester désirante, la sexualité doit demeurer hors de la contrainte des rapports marchands. La prostitution n'est pas de la sexualité pour les personnes prostituées, elles ne sont pas des sortes d'aliens qui ne souffriraient pas de devoir coucher quotidiennement avec des inconnus qu'elles ne désirent pas. Pour être un "jeu" comme vous dîtes, le sexe doit se pratiquer avec une personne que l'on désire, ça vous amuserait de devoir coucher avec des gens dont ni le corps ni les pratiques ne vous plaisent ou pire vous dégoûtent pour pouvoir gagner votre vie ? Lisez le lien que j'ai posté, nos corps ne sont pas des mécaniques, des pénétrations répétées non désirées même si elles sont "consenties" détruisent progressivement l'identité corporelle et le désir. Et la plupart des prostituées ont été poussées à la prostitution par un passé de violences et une fragilité socio-économique. Mais on fait peu de cas du désir des prostituées, on préfère encore et toujours écouter les quelques femmes qui se disent heureuses de se prostituer, grassement payées pour raconter ces mensonges et laisser crever toutes les autres femmes qui n'ont pas le droit à la parole.

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    2. Sylvain
      Qui force les prostituées "sous influence" à se prostituer ?...

      Le client "normal" ?... Le client violent ?...Le proxénete ?...
      Les aléas de la vie avec leur cortège de mauvaises surprises ?...
      Le besoin d'argent couplé avec l'absence de formation professionnelle ?... ?...
      L'argent "facile" qu'on n'arriverait jamais à gagner aussi rapidement
      dans un emploi modeste sans qualification professionnelle ?...etc...

      Excepté le client "normal"...TOUT CELA EN MEME TEMPS (ou séparémént)!...

      En ce qui concerne le client dit "normal"... Il ne force pas la prostituée à se prostituer.
      Seuls les clients violents le font... et bien entendu, eux il faut les punir.

      Le client normal lui, offre de l'argent en échange d'un service sexuel.
      La prostituée peut refuser si elle le décide ( Parce que le client lui déplait par exemple,
      ou que à tort ou à raison, elle se méfie de lui !...)
      On ne punit pas quelqu'un qui offre de l'argent en échange d'un service proposé
      par un "prestateur de service" majeur et vacciné qui a son "libre arbitre"...

      Si la prostituée n'a plus sont "libre arbitre (mise sous contrainte par un proxénète
      par exemple), il faut punir le proxénète (et non pas le client,
      qui n'est pas censé savoir qu'il y a contrainte)

      La seule situation ou il faut punir le client "normal", c'est le cas ou la prostituée
      est mineure, et que son discernement n'est pas encore arrivé à maturité.

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    3. Sylvain

      Certes, pour une prostituée, subir des pénétrations à longueur de journées, ce n'est plus un jeu, ce n'est plus de la sexualité...
      Mais,comme je l'ai déjà dit..."pour une prostituée qui n'est pas sous l'emprise d'un proxénète... C'EST UN BUSINESS" !...
      Et LES CONTRAINTES... c'est ce qui arrive quand on transforme un jeu en business... et c'est valable pour n'importe quelle profession !...
      faire du pain à la maison, dans sa cuisine... pétrir son pain, avec ses petites mains...
      faire cuire son pain chez soi, ça peut être très amusant, pour des adultes comme pour des enfants !....
      Mais faire de cette distraction anodine une profession...DEVENIR BOULANGER... ça peut être très contraignant...
      Bien sur, cela vous permettra de gagner votre vie, mais il faudra accepter pour cela, de se lever à 2H du matin, d'assumer la responsabilité d'une petite entreprise individuelle, de supporter les clients, les fournisseurs... etc....
      BREF de supporter les contraintes du business QUE VOUS AVEZ CHOISI... et de plus quand vous aurez terminé votre journée de travail, vous n'aurez même plus envie de faire du pain dans le petit four de votre petite cuisine pour vous amuser !...

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  27. Personnellement, je pense que la seule solution possible, pour laquelle je suis pour a 100%, c'est la réouverture des maisons closes! Et je sais que ça choque quand je dis ça du haut de mes 20 ans mais:
    - ça permettrait d’empêcher que des filles soient forcées à se prostituer (et si il est légal d'aller en maison close, les clients vont pas aller voir ailleurs)
    - ça permttrait un controle, surtout au niveau capote !

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    1. Les maisons closes sont les pires lieux qui soient, ce n'est pas pour rien si on les appelle aussi "maisons d'abattage" ! Lire à ce sujet le témoignage d'Ulla qui n'est pas pour la pénalisation des clients mais résolument contre la légalisation ou le retour à ces pratiques barbares. http://8mars.info/ulla
      En Allemagne la majorité des prostituées sont esclavagisées, traitées comme des bouts de viande, elles tombent malades ou enceintes, sont laissées sans soin, avortées dans des conditions abjectes ou parfois obligées de donner leurs bébés qui seront revendus à des trafiquants d'enfants. La police n'a aucun contrôle sur ces lieux puisque tout est légalisé ! Elles y sont complétement abandonnées. Voir cet article traduction d'un magazine allemand.
      http://angrywomenymous.blogspot.fr/2013/12/le-plein-gre-ca-suffit.html

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  28. Je débarque un peu en retard mais pour quelqu'un comme moi qui ne connaissait pas trop le sujet et ne se permettait donc pas d'avoir un avis sur la question, tout ça m'a éclairci un peu les esprits sur la question. Merci !

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  29. 6 mois plus tard, la pénalisation est levée de façon temporaire. Il y a trop peu de pédagogie sur le sujet et je suis très heureuse de tomber sur ton post qui résume très bien la situation !

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  30. Je suis callgirl à Bruxelles et heureusement la prostitution est plus tolérée. Je pense que les prostituées sont importantes dans la société et qu'il faut leur foutre la paix. Bien sur je parle des femmes qui font ce métier de plein gré. Içi en Belgique ils ont décidé que toutes les filles de l'est et autres pays étrangers doivent devenir indépendantes et remettre leur papiers en règle aux policiers qui viennent les chercher. Ils le font pour démanteler les réseaux. Toutes prostituée qui est en règle de papier est laissée en paix. Ce sont en grande partie les belges. De ce fait la sélection naturelle se fait toute seule.

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